Au début septembre, j’ai commencé ma 3e année d’étude en Naturopathie au Collège de Naturopathie Christian Limoges à Montréal. Durant les deux premières années, nous avons étudié l’anatomie et la naturopathie (comment rétablir la santé et l’équilibre du corps de façon naturelle et surtout par l’alimentation) en profondeur et pour notre troisième année, nous allons étudier et pratiquer l’herboristerie. Une année qui sera des plus intéressantes mais qui semble bien étoffée!  « Amélie, allume tes lumière pi met les sué hautes! » comme on dit! À la fin de l’année, je vais connaître sur le bout de mes doigts un minimum de 100 plantes médicinales! Je serai prête à faire feu! Une vraie petite sorcière. Bref, là où je m’en vais avec mes skis, c’est que dès le premier cours, ma prof nous a demandé un devoir de deux pages sur: « Quel est ma relation avec le vivant? » Sa seule explication: « Ça doit être très intuitif, c’est une question de ressenti. »

Ouin…. ça commence bien! Il n’y a pas vraiment de bonnes ou de mauvaise réponse à ce petit devoir. Alors j’ai simplement décidé d’y aller avec la première chose qui me venait à l’esprit… J’ai pensé le publier ici, pourquoi pas! J’ai quand une relation un peu rock n roll avec le vivant…

Quel est ma relation avec le vivant?

Ça peut sembler étrange, mais j’ai un lien mitigé avec le vivant. Qu’on me comprenne bien; ce n’est pas comme si j’avais quoi que ce soit contre le vivant et que j’avais un penchant pour la mort! Mais j’ai un tempérament extrémiste et quand j’embarque dans quelque chose, j’y vais tellement à fond que je deviens une perfectionniste et puriste à l’extrême. C’est sûrement mon petit côté Vierge. Bref, quand je me suis mise à m’intéresser à la Naturopathie et à comment soigner le corps de façon naturelle, je suis entrée à fond dans l’alimentation vivante. Ça faisait déjà plusieurs années que j’étais végétarienne et ensuite végane. Pour moi, il ne faisait aucun sens de tuer des êtres vivants sans défense pour m’alimenter alors que j’avais pleins d’autres options qui ne nécessitaient aucune cruauté! Mais je pouvais dire que j’étais dans le « junk vegan », mangeant toujours beaucoup de sucre. Et est-ce que l’alcool c’est vegan? Parce que j’ai connu une époque où j’étais pas mal « sul party »: « Sex, Drug & Rock n Roll », comme on dit! En fait, je dirais plutôt « Party, Flirt, Alcohol & Rock n Roll ». À cause de mon mode de vie dénaturé et qui dépassait les capacités d’adaptation de mon corps, j’ai développé des problèmes de santé chroniques qui m’ont obligée à changer ma vie drastiquement sur tous les points. J’ai pratiquement tout coupé du jour au lendemain: sucre, alcool, gluten, soya, maïs. Tout ce qui me causait des problèmes digestifs, de candida, de parasites, d’inflammation ou de surdéveloppement bactérien. J’avais tout un cocktail de symptômes « mystérieux ». Évidemment, je ne mangeais déjà aucun produits animaux, alors ma palette alimentaire était de plus en plus restrictive, ce qui, je crois, me rendait de plus en plus déminéralisée, maigre et malade.

La médecine traditionnelle ne faisait rien pour m’aider, on ne faisait que se renvoyer la balle de spécialiste en spécialiste alors que moi je souffrais en silence. C’est là que j’ai pris conscience du fait que cette « maladie » n’était pas vraiment une maladie mais plutôt différents symptômes et que j’allais devoir m’informer moi-même sur la cause réelle, étudier, lire, butiner dans les médecines alternatives, la psychologie, apprendre sur les plantes médicinales, etc.  Même les naturopathes, ostéopathes, acuponcteurs, psychothérapeutes, guérisseurs, chamans ne pouvaient rien pour moi. Il manquait juste l’exorciste! J’avais l’impression d’être seule au monde et que personne ne pouvait comprendre mes problèmes de santé. On aurait dit que j’étais l’exception à toutes les règles. Tout ce que j’apprenais dans mon cours de Naturopathie ne s’appliquait pas à moi! J’étais devenue obsédée: ma vie entière ne tournait qu’autour d’essayer des nouvelles techniques pour améliorer mon état de santé et pourtant, ma santé physique et psychologique ne faisait que se détériorer de jour en jour. Je crois que j’ai développé des problèmes psychologiques, qui étaient peut-être déjà là, latents, et qui ont pris racine avec ce désespoir de ma santé qui ne s’améliorait pas malgré tous mes efforts. Mes blessures de rejet ou de dépendance affective se sont manifestées dans un contrôle extrême de mon alimentation. Était-ce là une façon de retrouver un certain pouvoir sur ma vie? Je ne suis pas certaine. Je suis allée explorer des diètes extrêmes et j’en suis venue à apprendre beaucoup sur l’alimentation vivante. Je coupais de plus en plus de choses de mon alimentation jusqu’à basculer totalement dans le crudivorisme. J’ai adopté la diète « low fat raw vegan 80-10-10 » du Dr Douglas Graham. Pour moi, j’étais sur la bonne voie! Je m’alimentais exclusivement de vivant alors mes cellules allaient recevoir la meilleure nourriture, et elles allaient pouvoir se guérir! Durant 6 mois, j’ai mangé uniquement des fruits et des légumes crus. Rien d’autre! Sans gras! Je ne voudrais pas dire que le 80-10-10 est une mauvaise diète, mais probablement trop extrême pour la plupart et convient peut-être à 10% de la population (qui vit sous les tropiques sans doute!). Cette diète du vivant peut facilement basculer dans l’extrême pour des personnalités comme moi.

Je dois avouer que du côté spirituel, j’avais une meilleure connexion avec la nature: j’appréciais les marches en forêt, la contemplation, la méditation, le yoga, j’ai déménagé de la ville, il n’était pas question que je tue un insecte et je ne voulais même pas cueillir une fleur parce que j’avais l’impression de tuer la création divine! Je me sentais connectée à la Source mais j’avais perdu la connexion avec mon corps. Rien n’allait plus, je ne digérais plus rien, j’étais profondément carencée, déminéralisée, j’avais mal au ventre juste à boire une tisane! Je ne me permettais plus de petits plaisirs de la vie et je n’avais plus aucune vie sociale! Mais j’étais prête à tous les sacrifices pour aller mieux et ne plus souffrir 24 heures sur 24.

Après avoir fait un jeûne de 10 jours au Centre de Jeûne Val Santé à Rawdon (6 jours exclusivement à l’eau et 4 jours aux jus), j’ai eu des prises de conscience, je dirais pratiquement des messages divins, me disant que je devais revenir dans l’équilibre et la balance et que cet extrémisme vers « l’alimentation parfaite » ne me servait aucunement. Je devais réintroduire plus de diversité à mon alimentation, rétablir mon système digestif pour pouvoir mieux assimiler mes minéraux et faire en sorte que mon alimentation santé soit un choix et non une obligation vue la vulnérabilité de mon corps et de mon système immunitaire. Ça a été un long processus de un an avant de revenir à un semblant d’équilibre dans ma vie et de sentir mon retour sur le chemin de la santé. Je suis toujours fragile et je dois souvent me ramener à l’équilibre quand je suis portée à aller vers les extrêmes. Mais je suis aujourd’hui capable de manger un végé burger pour me gâter sans me sentir le lendemain comme si j’avais viré la brosse du siècle! Je peux me permettre des plaisirs et profiter de la vie, chose que je ne faisais plus depuis longtemps!

Enfin bref, ma relation avec le vivant c’est une relation de respect des plus… extrêmes!

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